Le Premier ministre algérien a estimé dans une conférence de presse que les prévisions économiques négatives émises par le FMI à l’égard de l’économie algérienne sont dues au fait que l’Algérie a refusé de recourir à l’endettement extérieur. Le responsable a réagi au dernier rapport publié le 16 juillet par cette institution internationale.

En réponse au rapport du FMI, publié le 16 juillet sur son site officiel, concernant la situation économique en Algérie, Ahmed Ouyahia, le Premier ministre du pays que les prévisions économiques catastrophistes de cette institution internationale sur l’avenir de l’Algérie sont dues au fait qu’Alger a refusé de recourir à l’endettement extérieur, comme le rapporte le journal L’Expression dans son édition du 19 juin.

«L’Algérie est le mauvais élève du FMI», a affirmé le Premier ministre lors d’une conférence de presse devant les cadres de son parti, le Rassemblement national démocratique (RND).

Faisant allusion aux rapports négatifs répétés de cette institution concernant l’évolution de l’économie en Algérie, en particulier après le début de la crise financière dans le pays suite à la chute des prix du pétrole en 2014, le chef de l’exécutif algérien a affirmé que les experts du FMI sont pessimistes «parce qu’elle a opté pour l’endettement intérieur qui lui garantit une souveraineté totale sur sa politique économique et financière».
«Cette souveraineté intègre le plein contrôle de la valeur de la monnaie nationale, l’entière liberté de subventionner les produits de première nécessité et le maintien total de l’équilibre social, principal indice d’appréciation de la gouvernance de n’importe quel État de la planète», a-t-il ajouté selon le quotidien.

S’exprimant sur le danger de l’hyperinflation que risque l’économie algérienne à cause du recourt au financement par l’impression de billets par la Banque centrale d’Algérie, le responsable a expliqué que «plus de 7 mois après l’emprunt réalisé par le Trésor auprès de la Banque d’Algérie de plusieurs centaines de milliards de dinars et l’injection de tout cet argent dans les circuits de l’économie nationale, il y a lieu de constater, et les experts eux-mêmes l’attestent, que les équilibres macroéconomiques demeurent solides.»

L’Expression rappelle qu’en 2016, les experts du FMI «avaient en effet, annoncé l’effondrement de l’économie nationale en 2016». « »Ce qui tenait l’Algérie hors de l’eau », c’était, disaient-ils, le Fonds de régulation des recettes», écrit le journal. «L’assèchement de cette ressource emmagasinée par le gouvernement au temps du pétrole à 110 dollars le baril, n’a pas induit l’affaissement de l’économie nationale», a-t-il ajouté en précisant que «celle-ci reposait sur des finances assainies et évoluait dans un environnement totalement désendetté». «Le paiement anticipé de la dette extérieure dans le milieu des années 2000, a constitué un véritable paravent à la tempête financière qui a généré des récessions dans beaucoup de pays pétroliers, mais pas en Algérie», a-t-il souligné.

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Dans le rapport du FMI, les experts de cette institution ont noté qu’en Algérie «le taux d’inflation moyen s’établissait à 5,6 %, contre 6,4 % en 2016, du fait du ralentissement de l’inflation pour les produits manufacturés et les services, et il était de 3,4 % en glissement annuel en avril 2018». «Si les réserves restent abondantes, elles ont diminué de 17 milliards de dollars, pour s’établir à 96 milliards de dollars (hors DTS, les droits de tirage spéciaux). La dette extérieure reste négligeable, mais la dette publique intérieure a considérablement augmenté depuis 2016, tout en demeurant modérée», ont-ils ajouté.

Concernant les finances publiques, ces mêmes experts «conviennent dans l’ensemble qu’il serait possible de mener un assainissement progressif des finances publiques dès 2018 sans recourir au financement par la banque centrale, mais en s’appuyant sur une variété de mécanismes de financement, dont l’emprunt extérieur pour financer des projets d’investissement sélectionnés avec soin». «Une dépréciation progressive du taux de change, accompagnée de mesures visant à éliminer le marché de change parallèle, favoriserait les mesures d’ajustement», ont-ils affirmé.