Merzoug Touati, un blogueur algérien, a entamé une nouvelle grève de la faim depuis le 8 juillet. Il a été condamné fin juin à 7 ans de prison pour « intelligence avec une puissance étrangère » suite à la publication sur son blog d’un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère des Affaires étrangères d’Israël, Etat que ne reconnaît pas l’Algérie.

Dans un communiqué publié ce mercredi, Reporters sans frontières (RSF) lui apporte son soutien. L’ONG de défense de la liberté de la presse estime que la peine est trop lourde pour les charges retenues.
C’est la huitième grève de la faim du blogueur algérien depuis son arrestation en janvier 2017. A cette époque, il publie sur son blog la vidéo d’un entretien avec un homme se présentant comme un ex-diplomate israélien et qui affirme l’existence d’un bureau à Alger représentant les intérêts d’Israël, dans les années 1990.

Merzoug Touati est emprisonné quelques jours plus tard. Et jugé coupable en mai dernier d’avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation économique, militaire ou diplomatique de l’Algérie ».

Condamné d’abord à 10 ans de prison, sa peine est revue en appel à 7 ans d’emprisonnement en juin dernier. Merzoug Touati réclame aujourd’hui l’annulation de cette peine, sa libération ainsi que l’abandon des poursuites judiciaires.

Dans un communiqué, Reporters sans frontières demande à la justice algérienne de réexaminer son dossier dans les plus brefs délais. « Merzoug Touati proteste aujourd’hui au péril de sa vie », selon l’ONG.

RSF estime que la liberté d’informer est « fortement menacée » en Algérie. Le pays est classé 136e sur 180 pour la liberté de la presse en 2018.