«Les Algérien(ne)s de l’étranger, un rempart contre l’ingérence», c’est le thème de la conférence prévue le samedi 29 juin prochains, organisé par le mouvement citoyen pour l’Algérie (MCA) présidé par M. Farid Dms Debah à l’Espace André Maigné, sise au 18 bis rue du 14 juillet, 94270 Le Kremlin-Bicêtre partir de 15h. La conférence a pour but de dressé un bouclier protecteur contre toute ingérence étrangère qui chercherait à préserver ces privilèges octroyés auprès des anciens responsables corrompus en essayons d’aider le système en place -contesté par les algériens- à se maintenir… Rappelons-le, les déclarations de dirigeants étrangers sur la situation politique en Algérie n’ont jamais plu aux manifestants qui réclament du changement. Les participants aux différentes marches Algériennes ont toujours exhibé des pancartes avec des slogans écrits en arabe, en anglais et en français critiquant ouvertement la France et les États Unis : «America stay away ! » «Macron occupe-toi de tes affaires», « Macron occupe-toi de tes gilets jaunes», « Libérez l’Algérie de la tutelle française »… Le refus de l’ingérence étrangère fait donc consensus. Les Algériens semblent avoir appris la grande leçon des drames récents dans la région arabe et en Afrique, aggravés en partie par les interventions étrangères. Le mouvement citoyen pour l’Algérie (MCA) veut concrétiser ce consensus à travers cette conférence dont les intervenants sont des élus européens en compagnie de cadres et politiciens Algériens.

La stabilité de l’Algérie est garante de la stabilité européenne.

Partageant ses frontières avec le Mali, le Niger et la Libye, l’Algérie fait office de rempart contre le terrorisme djihadiste observé dans la bande sahélienne, où près de 4.500 soldats français de Barkhane sont déployés. Si bien qu’une crise politique en Algérie, qui pourrait déstabiliser tout le fonctionnement du pays, doit être prise très au sérieux par les autorités européenne…

Le faut argument de la crainte d’une «submersion migratoire »

Face à la contestation du peuple, une partie de la classe politique française sur tout a déjà brandi la menace d’une immigration massive d’Algériens en Europe, et notamment en France. « Une déstabilisation du régime algérien entraînerait une submersion migratoire sans précédent sur l’Europe, donc c’est l’affaire de la France», a expliqué Jordan Bardella, la tête de liste du Rassemblement national aux élections européennes, ce vendredi, au micro de France 2. Mais du côté des spécialistes de l’Algérie, on ne croit pas beaucoup à ce scénario. « À chaque crise en Afrique, on brandit cette menace, mais il y a très peu de risque d’afflux migratoire », estime Saad Khiari, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste de l’Algérie. Une opinion partagée par Raphaëlle Branche, historienne, spécialiste de la guerre d’Algérie : « Les gens ne seraient pas dans la rue s’ils voulaient partir du pays. Ils manifestent pour changer les choses dans leur pays. Les Algériens qui sont arrivés en France dans les années 1990 étaient des personnes menacées de mort. Aujourd’hui, c’est un tout autre schéma, c’est une situation qui n’a rien à voir. »

Un autre avenir pour l’Algérie

Les dernières manifestations pacifiques sont la preuve que les seuls capables de changement dans la région sont ceux qui la construiront : les jeunes. Jusque-là, aucun mouvement n’avait suscité autant d’engouement en Algérie depuis les quatre mandats d’Abdelaziz Bouteflika. Trop longtemps, au nom d’une peur du retour du chaos largement instrumentalisé et exploité par le pouvoir, le régime algérien a refusé d’imaginer un autre futur que le sien. Exit l’intérêt général, exit la renaissance d’un pays phare pour le monde arabe. Désormais, les jeunes Algériens sont prêts à prendre leur destin en main, après des années d’inertie.