La justice américaine a classé deux affaires concernant le groupe pétrolier Eni dans des dossiers de corruption présumée au Nigeria et en Algérie, s’est félicité mardi le géant italien dans un communiqué.

Le premier dossier concerne l’acquisition d’une licence pour l’exploration du bloc pétrolier nigérian offshore OPL-245 en 2011. La justice soupçonne que sur les 1,3 milliard de dollars versés par Eni et Shell, 1,092 milliard de dollars étaient des pots-de-vin. Eni et son homologue anglo-néerlandais comparaissent depuis 2018 devant le tribunal de Milan pour cette affaire.

Le deuxième dossier a trait au versement présumé de 197 millions d’euros de pots-de-vin à des responsables algériens, entre 2007 et 2010, par une filiale d’Eni, Saipem, pour obtenir des contrats. Eni a été relaxé en septembre 2018, mais Saipem a été condamné.

Selon l’accusation, ce versement a permis à Saipem d’obtenir des contrats pour 8 milliards d’euros et à ENI d’avoir l’aval de l’ancien ministre algérien de l’énergie Chakib Khelil pour acquérir les droits d’exploitation du gisement de gaz de Menzel, via l’achat de la société First Calgary Petroleums. Mais le tribunal de Milan a jugé que le second fait n’était pas avéré et que M. Scaroni n’était pas responsable concernant les contrats de Saipem.

Dans un communiqué, Eni a dit avoir accueilli avec «satisfaction» la confirmation que le département américain de la Justice avait achevé ses propres enquêtes et décidé de classer les deux affaires. Eni a réaffirmé «la justesse de son action et de celle de sa direction» dans le dossier nigérian, en soulignant que des enquêtes indépendantes n’avaient montré «aucune conduite illicite».

Le groupe s’est dit confiant dans le fait que le tribunal de Milan statuerait lui aussi en sa faveur en estimant infondées ces accusations. Concernant l’Algérie, Eni a souligné là aussi être étranger à toute conduite illicite, comme l’a montré sa relaxe il y a un an.