Selon Benbitour, l’activité économique qui ne passe pas par la fiscalité est une source qui ne peut être récupérée qu’à travers la mise en place d’un réel circuit de distribution des produits de première nécessité.

« Le déficit budgétaire de l’Algérie va se poursuivre !». Tel est le pronostic fait par l’invité du direct de Radio M de cette semaine, l’économiste et ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour.

Benbitour explique ce constat par l’impossibilité de l’Etat à faire baisser les dépenses ordinaires, notamment « les dépenses de fonctionnement qui ont augmenté de 47% en une année ». « C’est la preuve que cette gouvernance ne va pas toucher aux transferts sociaux », a-t-il confirmé.

L’invité de Radio M a signalé, en outre, que les recettes d’exportation en 2013 avaient atteint les 63 milliards de dollars, tandis qu’en 2016 elles avaient baissé à 27 milliards de dollars, « soit moins de la moitié », a-t-il fait remarquer. Il a estimé que « les exportations demeureront dans une tendance autour de 30 milliards de dollars, dans les meilleurs des cas ».

En détaillant son analyse, Benbitour indique que la règle appliquée depuis longtemps en Algérie était que la fiscalité ordinaire (toutes les taxes payées par les activités économiques du pays) finance les dépenses ordinaires (les salaires et les transferts sociaux) et que la fiscalité pétrolière, qui est une ressource non renouvelable, finance les équipements. « Cette règle d’or a été abandonnée », a-t-il indiqué.

« Aujourd’hui la fiscalité ordinaire couvre les deux tiers de la dépense ordinaire ». Un déséquilibre qui a poussé les pouvoirs publics à affecter une partie de la fiscalité pétrolière à la dépense ordinaire. « Donc une partie importante de la fiscalité pétrolière part à la consommation et non à l’investissement », a-t-il avancé en affirmant que la fiscalité ordinaire et pétrolière ne couvrent que deux tiers des dépenses totales, tandis qu’un tiers « va au déficit ».

En ce qui concerne la directive de la Banque d’Algérie, qui invite les banques primaires à ne plus être regardantes sur l’origine des fonds, afin d’attirer l’argent du circuit informel, Benbitour affirme que la politique d’épargne est essentielle dans une vie économique d’un pays, mais le premier principe est celui de créer la confiance entre les deux parties (l’épargnant et les banques).

A propos du marché parallèle, l’invité du direct dira que ce dernier détient le monopole de la distribution des produits essentiels à la consommation. Selon lui, si on veut lutter contre le marché parallèle, il faut bien comprendre qu’on va toucher au modèle de distribution des produits essentiels. Il explique dans ce sens que dans la situation actuelle, la politique d’interdiction n’est pas la meilleure solution pour éradiquer le marché parallèle. Selon lui, l’activité économique qui ne passe pas par la fiscalité est une source qui ne peut être récupérée qu’à travers la mise en place d’un réel circuit de distribution des produits de première nécessité.