En Algérie, d’importants changements surviennent dans les services de sécurité algériens à 10 mois de l’élection présidentielle. Une source bien informée a confié à site d’information L’Orient-Le Jour, que ces remplacements, qui ont commencé après la saisie de cocaïne à Oran, seraient liés à la guerre succession du Président Abdelaziz Bouteflika.

Lancée après la saisie de 701 kilos de cocaïne le 29 mai dans le port d’Oran, la vague de changements qui secoue les services de sécurité algériens, serait aussi liée à la guerre de succession du Président Abdelaziz Bouteflika à l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2019. C’est ce qu’a laissé entendre une source bien informée, qui a requis l’anonymat, au site d’information L’Orient-Le Jour.

Tout en rappelant que «le quatrième mandat de Bouteflika est le fruit d’un consensus entre la classe politique, l’administration et les militaires», la source, citée ce 24 juillet par le site d’information, a relevé que les principaux leviers de pouvoir dans les institutions sécuritaires du pays ont changé de mains.

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Après l’éviction du directeur de la Sûreté nationale (DGSN), le général-major Abdelghani Hamel, le 26 juin, le nouveau chef de la police algérienne, fraîchement nommé par le Président de la République, le colonel Mustapha Lahbiri, a procédé à d’autres changements dans les directions de la sûreté de plusieurs wilayas (Alger, Oran et Tiapaza). Il a aussi limogé le directeur national des renseignements généraux RG. «En effaçant toute trace de M. Hamel des services de police et en plaçant des hommes de confiance aux postes-clés de la sécurité intérieure, Mustapha Lahbiri redessine la DGSN à son image», écrit l’Orient-Le Jour.

Concernant le limogeage du commandant en chef de la gendarmerie nationale, le général-major Menad Nouba, la source a affirmé au site d’information que ce dernier aurait été contraint à quitter son poste au moment où l’armée aurait remis le dossier de l’enquête sur la cocaïne à la gendarmerie. «L’armée a toujours unilatéralement imposé sa vision, bien qu’elle déclare ne jamais s’immiscer dans la vie politique», a expliqué la source en précisant que «même si aucun lien avec l’affaire n’est avéré, la direction voulait sûrement un homme de confiance».

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Évoquant le lien entre tous ces changements, dans les services de sécurité algériens, et l’élection présidentielle d’avril 2019, L’Orient-Le Jour écrit qu’«en désavouant M. Hamel, le « clan Bouteflika » a perdu un allié de taille, qui faisait partie des candidats non officiels à la succession du président», tout ajoutant que «tout porte à croire» que c’est l’état-major de l’armée algérienne «qui a forcé la main au palais présidentiel» pour procéder à ce limogeage.

Selon la source citée par le site d’information, même si l’armée algérienne jouit d’un poids important dans la vie politique du pays, «il est toutefois peu probable que le scénario égyptien se produise en Algérie. Ahmed Gaïd Salah, le chef de l’état-major de l’armée algérienne, peut difficilement aspirer à la fonction suprême, compte tenu du fait que le président Bouteflika a rompu la tradition militaire [que le Président de la République soit issu de l’institution militaire, ndlr]».

Pour rappel, Abdelaziz Bouteflika, qui préside aux destinées de l’Algérie depuis 1999, n’a pas encore déclaré ses intentions quant à l’élection présidentielle de 2019, bien que les deux partis politiques au pouvoir, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), l’aient tous les deux appelé à briguer un 5e mandat.