Dans un rapport publié la semaine dernière et portant sur le climat des affaires dans le monde, le Département d’Etat américain met en lumière les énormes difficultés rencontrées par les entreprises américaines et internationales pour investir en Algérie. Le rapport avance que l’économie du pays est «à la fois difficile et potentiellement très enrichissante».

En Algérie, «les entreprises américaines doivent surmonter les problèmes douaniers, une bureaucratie enracinée, des difficultés de transferts monétaires, des restrictions sur le taux de change, et la rude concurrence des autres partenaires internationaux, en particulier de la Chine, de la Turquie et de la France», note-t-on dans la dernière livraison du rapport du Département d’Etat américain sur le climat des affaires dans le monde.

«Les entreprises internationales qui opèrent en Algérie se plaignent parfois que les lois et les réglementations, qui sont constamment modifiées et appliquées de manière inéquitable, augmentent la perception du risque commercial pour les investisseurs étrangers», ajoute le document, en indiquant que si le marché algérien est très lucratif et stimulant avec un potentiel important pour les entreprises américaines, il y a cependant «certains défis» assez importants à relever.

Le rapport dénonce le fait que les contrats commerciaux sont également soumis à des interprétations et des révisions qui changent. Ceci «s’est révélé difficile pour les entreprises américaines et internationales», souligne le rapport.

Dans le même sillage, le document dénonce des difficultés rencontrées sur le plan législatif : «Le commerce régional limité et la règle 51/49 qui exige la propriété majoritaire algérienne de tous les nouveaux partenariats étrangers», cite le Département d’Etat qui fustige également la politique de restriction des importations pratiquée par les autorités algériennes. «L’adoption par l’Algérie d’une politique de substitution des importations a fortement limité le commerce extérieur … les politiques de substitution aux importations ont généré des pénuries d’approvisionnement et des hausses de prix», fait-on remarquer, en énumérant quelques-unes des différentes décisions relatives à la restriction des importations qui sont entrées en vigueur depuis 2017. Le rapport fait entre autres état des licences d’importation mises en place puis annulées, pour certains produits, mais aussi de la liste des 851 produits interdits à l’importation adoptée en janvier 2018.

Entraves aux IDE

Les difficultés rencontrées par les entreprises américaines constituent selon le Département d’Etat américain des entraves aux investissements étrangers. «L’économie algérienne est à la fois difficile et potentiellement très enrichissante», avancent les analystes du Département d’Etat qui indiquent que malgré l’existence d’opportunités d’affaires dans presque tous les secteurs, y compris l’énergie, la santé, les télécommunications et le transport, «un climat des affaires difficile, un environnement réglementaire incohérent et des politiques gouvernementales contradictoires compliquent les investissements étrangers».

«Le gouvernement algérien poursuit son objectif de diversification de l’économie en mettant l’accent sur l’attraction d’investissements étrangers directs (IDE) pour stimuler l’emploi et compenser les importations par une augmentation de la production locale», poursuit le rapport qui ajoute que « les interlocuteurs du secteur privé signalent que de multiples secteurs offrent potentiellement des opportunités substantielles de croissance à long terme pour les entreprises américaines, dont beaucoup ont rapporté des bénéfices annuels à deux chiffres».